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La Nuit de l’Instant, 5e édition

19 avril 2014 / Midi - Minuit / Le Panier - Marseille

La Nuit de l’Instant propose de porter un autre regard sur les pratiques de la Photographie aujourd’hui.

Vidéos, diaporamas, installations, performances, films… vont questionner l’image fixe à travers une déambulation joyeuse dans les rues du plus vieux quartier de Marseille.

Quinze lieux, tous différents, et vingt-neuf artistes vous donnent rendez-vous pour découvrir autrement le Panier, et pour rencontrer des œuvres expérimentales, originales et novatrices, où les artistes d’aujourd’hui réinventent constamment les manières de produire des images. Quels que soient les moyens utilisés : le dessin animé, la sculpture, la projection, le photofilm… ils redonnent à l’image fixe son caractère magique, unique, sa valeur d’instantané qui façonne notre mémoire et nos imaginaires. L’occasion de découvrir des animaux assoupis, une baignoire photographique, Bernadette Soubirous revisitée, Marseille animée en Noir et Blanc, des négatoscopes, ou encore le 100 mètres des jeux olympiques…

La Nuit l’Instant est un moment unique et magique.

Profitez-en, La Nuit l’Instant c’est une fois par an !



AXES DE PROGRAMMATION

Conversation(s) - Mouvement(s)

Après le Centre de Photographie de Lectoure en 2010, le Centre Photographique d’Île de France en 2011, l’ENSP d’Arles en 2012 et Photo Art Centrum en 2013, c’est un focus avec le Fonds Régional d’Art Contemporain Provence-Alpes-Côte d’Azur que propose La Nuit de l’Instant 2014. Il y a cinq ans une première collaboration entre Les Ateliers de l’Image et le FRAC avait donné lieu à La Traverse à Conversation(s) un parcours dans les acquisitions récentes de la collection photographique du FRAC.
Pour sa dernière exposition collective à La Traverse, Les Ateliers de l’Image sont heureux de vous présenter Conversation(s) - Mouvement(s), un choix dans la collection qui pose autrement la question de la place de l’image fixe dans la production artistique contemporaine.

Artistes présentés :
Louidgi Beltrame, Dor Guez, Laurent Grasso, Laurent Montaron, Charlotte Moth, Marie Reinert.



Sélection Prix Nuit de l’Instant

Suite à un appel à participation international vous découvrirez dix-sept artistes, jeunes ou confirmés, venus d’horizons différents. Cette année le prix de La Nuit de l’Instant, doté de 1 500 euros, récompensera une œuvre et un artiste. Tout au long du parcours, le public pourra participer au vote en désignant l’œuvre la plus marquante !

Artistes présentés :
Gérald Assouline, Julie Aybes, Pierre-Gilles Chaussonnet, Amandine Crozat, Maya de Mondragon, Éléonore False, Edwin Fauthoux-Kresser, Frédéric Gillet, Florent Konné, Marine Lanier, Mehryl Levisse, Paul-Emmanuel Odin, Catherine Radosa, Anna-Lena Tsutsui, Marc Buchy, Sophie Mei Dalby, Kasia Ozga.



Spécial Marseille

Autre originalité de l’édition 2014, une invitation spéciale a été faite à 7 artistes vivants ou travaillant dans la région marseillaise, pour une programmation aux facettes multiples, manières de voir et de montrer la ville et son environnement.

Artistes présentés :

Coralie Amédéo et Emmanuelle Sarrouy, Nathalie Dallies, Geo Matiche, Till Roeskens, Alexander Schellow.



LE PROGRAMME

La Traverse
28-38, rue Henri Tasso
Midi - Minuit / Vernissage à 11h00 / Conversation(s) - Mouvement(s)

Louidgi Beltrame - Cinelandia, 30’30”, 2012.

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Cinelândia est un parcours structuré par trois films super-8 qui tournent autour de l’idée d’exploration. Cinelândia, qui signifie «pays du cinéma» en Portugais, emprunte son titre à un quartier du centre de Rio de Janeiro. Le film a été tourné en 2010 dans la jungle de Tijuca qui surplombe Rio de Janeiro, la plus grande forêt urbaine au monde. Beltrame a filmé la Casa de Canoas, l’unique maison de verre dessinée par Oscar Niemeyer. Ce pavillon de verre est envisagé ici comme un espace de projection, celui des projets de l’architecte, celui de la fiction qui se projette sur la jungle et ses mythologies. Beltrame y installe un dispositif qui habite et active la maison alors filmée et observée minutieusement comme un écosystème en relation avec son environnement. La maison, génératrice de fictions, accueille donc des histoires.


Laurent Grasso - Soyez les bienvenus, 20’21”, 1991.

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Une caméra s’attarde sur une foule massée en cercle autour d’un événement qui lui échappe. Tout au plus, il est permis de reconnaître dans cette succession de dos les signes distincts d’un « ailleurs » : une population hétérogène, majoritairement masculine, un espace public à ciel ouvert dans un pays d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient. Ni début, ni fin, la structure du film ne repose sur aucun scénario ; il n’y a d’évolution que dans le mouvement circulaire de la caméra qui contourne le cercle sans qu’elle puisse à aucun moment accéder au cœur de la rencontre. Grasso produit une image lente et mouvante, dilatée, étirée dans le temps. Une présence donnée pour insondable. Vision panoramique d’un groupe regardant dans la même direction, les regards sont indifférents à la caméra, une tension et une inquiétude nous gagnent : cette «impossibilité de visualiser l’objet à combattre» selon Laurent Grasso.


Dor Guez - Watermelons under the bed, 8’13”, 2010.

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Comme beaucoup d’artistes actuels, Dor Guez s’intéresse à la définition de l’identité israélienne et plus particulièrement à l’intégration et ses limites.  Ses vidéos parlent aussi du racisme ancré dans la société israélienne. Dans Watermelons Under the Bed, il explore à nouveau les thèmes minorité-majorité et identité nationale à travers, d’une part, l’interview de Samih Monayer (seconde génération de la Nakba), des souvenirs d’enfance (les pastèques placées sous le lit du grand-père pour les garder au frais) et celui de son grand-père pelant une figue de Barbarie. Ces deux fruits, courants dans l’agriculture palestinienne avant 1948, sont les symboles de l’identité juive-israélienne.


Laurent Montaron - Lent portrait de Sainte Bernadette, 2011.

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Depuis que l’avènement de la technologie au début du XXè siècle a mis à mal les représentations archaïques du monde, les artistes n’ont cessé d’interroger les tensions entre modernité et sacré. Laurent Montaron revisite cette problématique dans un langage artistique singulier. En effet, il donne à penser le fonctionnement des médias et leur relation aux croyances. Le spectateur est partie prenante de situations artistiques inédites, qui se jouent des rouages de la communication. Laurent Montaron s’interroge sur la manière dont les médias façonnent nos représentations et continuent d’alimenter certaines de nos croyances les plus enfouies. Revendiquant une part de mystère et de sacré, les œuvres de l’artiste touchent le spectateur autant qu’elles l’envoûtent.


Charlotte Moth - Study for a 16mm film, 11’28”, 2011.

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Souvent présentée en qualité de photographe, Charlotte Moth étend depuis quelques années sa pratique à la vidéo. Son travail développe en creux une réflexion sur la subjectivité du regard et explore les notions d’objet, de lumière et d’architecture. La vidéo Study for a 16mm Film est travaillée comme une peinture. En effet, l’artiste déconstruit scientifiquement les espaces et les modélise, avec une attention toute particulière pour la matière et l’apparition de nouvelles formes. La caméra, travaillant comme un révélateur, s’attarde ici avec un certain fétichisme sur des objets collectionnés par l’artiste, disposés sur des tables recouvertes de tissu.


Marie Reinert - Roll on roll off, 22’50”, 2010.

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Roll On, Roll Off est une œuvre réalisée au sein de l’entreprise Marfret, à l’initiative de Mécènes du Sud dans le cadre des Ateliers de l’EuroMéditerranée - Marseille-Provence 2013. Durant sa résidence chez Marfret, Marie Reinert a participé à quatre traversées entre Marseille et Alger. Elle a saisi la rythmique gestuelle de quatorze hommes tout en restituant la respiration mécanique des flux de marchandises qui transitent entre les deux rives de la Méditerranée. Dans une perspective resserrée, celle de l’univers clos d’une communauté de navigants, Roll-On, Roll-Off explore la tension constante qu’entretiennent alors les corps avec les marchandises, pour une immersion au plus près des mouvements et des sons. Le film révèle les entrailles du navire, scrute le plein et le vide de cette architecture navale, contraignant le corps des navigants et celui des manutentionnaires.




Tabasco Vidéo
33, rue Henri Tasso
20h00 - Minuit / Spécial Marseille

Nathalie Dallies - Maria, 3’40”, 2012.

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Ce portrait filmé est le prolongement d’une série photographique. Ce plan-séquence d’une «image-temps» laisse place à l’ennui, à l’abandon, à une dimension intérieure du personnage dont nous sommes témoins.

Avec tout ce que revêt de particulier chaque situation, chaque expérience…

Artistiquement et humainement.
Mettre en lumière l’exception dans la banalité, la beauté dans l’étrangeté.
Maria, un état de grâce.
Faire acte et prendre acte, de bienveillance à l’égard de la différence.
Abstraire, ce corps, ce monument.
Maria, loin des contraintes ordinaires,
 une projection dans un ailleurs qui nous est ici conté en images.
Chaque image est un don.




Annexe du Théâtre de Lenche
2, Place de Lenche
Midi - Minuit / Sélection Prix Nuit de l’Instant

Anna-Lena Tsutsui - Bouleau de Rivière, 2012.

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L’espace s’ouvre par la projection d’une diapositive qui crée une sensation de profondeur. Il s’ouvre par une fenêtre faite des feuilles découpées soigneusement. La vue passe par cette fenêtre et on voit un paysage vallonné et cultivé. Au milieu de l’image il y a un arbre, un bouleau de rivière, qui y semble pousser naturellement.
Dans une salle d’exposition froide et sombre, l’installation donne une ouverture, une sortie vers une nature romantique, mais contrôlée. C’est ouverture est aussi fausse que l’image de la nature proposée.




Théâtre de Lenche
4, Place de Lenche
13h15 - Minuit / Spécial Marseille - Sélection Prix Nuit de l’Instant*

> 13h15, 17h00
Coralie Amédéo et Emmanuelle Sarrouy - Prototype, 48’, 2001-2006, film.

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Matérialiser un fantôme, à la fois joyeux et mélancolique, qui se mêle allègrement aux grains pelliculaires et aux pixels de la vidéo, aux formes et aux couleurs, qui apparaît dans les raccords et l’occurrence d’une étoile filante. Ses possibilités de métamorphose plastique et esthétique sont infinies. Ce film se veut avant tout un portrait aux ramifications multiples. Le portrait d’un jeune homme, d’un accesoiriste de cinéma, d’un ami aujourd’hui disparu… Un éclat de vie. Mais c’est aussi, au travers d’une histoire singulière, parcourue d’instants cinématographiques mémorables, de références littéraires, musicales, le portrait d’une époque, d’une génération… Celle de la fin du XXe siècle.


> 14h15, 20h50, 23h30
Till Roeskens - De la base aérienne 110 à la Paix se révélant à l’Humanité, 16’26”, 2008, film.

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Basé sur le défi d’arriver à suivre sur le terrain, tant bien que mal, une ligne droite arbitrairement tracée sur le plan cadastral de la ville de Creil – reliant l’entrée d’une importante base militaire à une « paix » plutôt dérisoire – ce geste filmique aussi simple que jubilatoire opère comme une coupe au scalpel à travers le quotidien d’une petite ville française, passant allègrement à travers les murs, traversant tout ce qui se trouve sur son chemin, saisissant au vol des bribes d’intimité, des éclats de vie, d’une vie qui suit son cours pendant qu’ailleurs la guerre continue.


>14h45, 18h00, 21h15
*Catherine Radosa - Voies Projetées, 49’56”, 2013, film. En présence de l’artiste (le film démarre à 14h50 !)

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Jeanne D. se souvient : la Loire qui charriaient les cadavres de chevaux, la bombe allemande dans le lit de ses grand-parents, l’Exode en vélo de la jeune fille qu’elle était. Entre archives de la Seconde guerre mondiale et paroles contemporaines, la Reconstruction d’Orléans se raconte par le croisement des voix et la confrontation des langages visuels. La ville d’aujourd’hui est dite par la mémoire de l’architecture, les documents photographiques et les réactions d’habitants sollicitées par la réalisatrice.

En ouvrant un autre regard sur l’histoire, sur la façon de la rapprocher, de la raconter, le récit est produit par les glissements entre portrait situé, document, représentation subjective et collective constituant une trame narrative ouverte et fragmentée entre les temps et les points de vue.


> 16h00, 22h30
Geo Matiche - Cirqu’onférence : Nouvelle théorie autour du monde plat, 40’, 2014, Performance.

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« C’est un tour d’horizon de l’histoire de notre « regard d’explorateur de monde », qui nous entraine à travers les siècles, jusqu’au moment clef où l’homme pose son pied sur la Lune, ce qui  est, selon Geo Matiche le moment où tout aurait basculé.  L’exploration spatiale une fois lancée va entrainer une toute autre perception du monde, et l’invasion des écrans, quasiment simultanément avec l’arrivée du langage numérique va elle aussi totalement bouleverser notre besoin vital d’imaginer le Monde. Nous devons repenser notre manière de voir, et la redécouverte de notre «vision nooptique» est plus nécessaire que jamais. »


>19h15
Rencontre-débat avec tous les artistes sélectionnés pour le Prix Nuit de l’Instant 2014.




Le Latté
16, rue de l’Évêché
Midi - Minuit / Sélection Prix Nuit de l’Instant

Gérald Assouline - 13:04, 10’44”, 2012.

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Il s’agit d’un photofilm, mettant en mouvement mes images fixes en noir et blanc, réalisées aux confins à l’est de l’Europe, de la Baltique à la Mer Noire et au Delta du Danube.
Déambulation poétique, subjective, racontée par la voix de l’auteur et confrontée aux fantômes d’hier et d’aujourd’hui, qui rodent là-bas, à l’est…




Galerie Polysémie
12, rue de la Cathédrale
Midi - 22h00 / Sélection Prix Nuit de l’Instant

Florent Konné - Washington, 1’56”, 2011.

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Et si je bouge, il se passe quoi ?
Un temple construit l’image, s’impose sans tyrannie.
Sur ses interminables marches, les gestes semblent diffus .
Des mouvements imperceptibles installent la silencieuse chorégraphie. Les touristes filmés  se déplacent  sur les longues marches. Par leurs brefs mouvements répétitifs, ils fixent le temps.
Le corps, ainsi convoqué, se retient,  épouse avec obéissance les convenances du protocole filmique. l’espace paraît fragile. La fiction démarre…




MPT du Panier
66, rue de l’Évêché
Midi - Minuit / Sélection Prix Nuit de l’Instant

Sophie Mei Dalby - Ruburrus, 7’, 2011.

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Reburrus, du latin hérissé, est un bestiaire contemporain. Cette vidéo est une série de portraits d’animaux qui vivent en captivité dans de somptueux zoos suisses.
En reprenant les codes picturaux des bestiaires du XVIIIème et XIXème siècle, Sophie Mei Dalby travaille sur le rapport que l’Homme entretient avec l’Animal et quel statut lui est octroyé de nos jours. La volonté de coller à une forme de fantasme exotique reste omniprésente dans les zoos, ici la mise en scène de la nature est le décors de la scène, dont l’animal est le principal acteur, condamné jusqu’à la fin de sa vie à jouer son propre rôle. Cette comédie exotique, très présente dans l’histoire du bestiaire, renvoie aussi à la notion de colonialisme. Le fantasme du lointain, la puissance des animaux asservis hantent depuis les premières expéditions de colons, le monde occidental.




Backside Gallery
88, rue de l’Évêché
Midi - Minuit / Sélection Prix Nuit de l’Instant

Marine Lanier - La vie dangereuse, 5’, 2013.

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Le titre La Vie dangereuse est emprunté à l’œuvre éponyme de Blaise Cendrars. La série poursuit de manière arbitraire le rythme même du parcours d’aventurier de l’écrivain - l’espace littéraire ici lié aux césures géographiques, la déliquescence du sauvage tenue aux soubresauts de la mémoire.
Le propos n’est pas d’illustrer la nouvelle J’ai saigné, mais de faire se rencontrer la fiction et l’autobiographie créant de ce fait une géographie blanche logée en creux d’une temporalité trouble.




Place Lorette Cuisine Marocaine
3, Place de Lorette
Midi - Minuit / Spécial Marseille

Alexander Schellow - Marseille #1-#30, 10’20”, 2011.

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Avec cet ensemble de 30 spots, Alexander Schellow poursuit son travail de remémoration à travers le dessin et l’animation, cette fois à partir de scènes observées à Marseille. Constitués d’animations de 3 secondes montées en boucle et en alternance avec des écrans noirs, les spots apparaissent et disparaissent avant que l’on puisse vraiment les saisir, comme des souvenirs qui infiltrent inconsciemment la perception.




Galerie Hors les Murs
20, rue Saint Antoine
Midi - Minuit / Sélection Prix Nuit de l’Instant

Julie Aybes - Comme entendre le vent hurler dans l’espace entre, 10’, 2013.

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Je parcours le monde en étant attentive à ce qui survient, à ce qui surgit : errance dans les paysages, et ce qui m’arrive du monde — des livres, des émissions de radio, des paroles, du théâtre, des images, du vent. J’aimerais provoquer des expériences sensibles c’est-à-dire qui mettent en éveil les sens, les perceptions, y compris l’intuition ; et ce qui nous advient : l’imaginaire, les réminiscences, les songes… Je cherche à donner à voir une image du monde qui ne soit pas rassurante, ni confortable, qui laisse place à l’inquiétude, qui pousse à la vigilance, à l’attention pour ce qu’on entend, ce qu’on voit du monde.
Quelque chose qui serait d’un registre qu’on aurait du mal à dire autrement que comme ça.
Quelque chose que je propose en partage, en pariant sur l’idée que le seul endroit où espérer rencontrer l’autre dans son altérité c’est dans un entre-deux, à inventer, et où s’invente un langage qui ne peut-être que poétique.


Amandine Crozat - Ophélia, 2013.

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Figure légendaire de la littérature Shakespearienne, Ophelia n’a cessé d’inspirer de nombreux auteurs :
écrivains, peintres et photographes. L’installation « Ophélia » est un clin d’oeil à la célèbre peinture de John Everett Millais, et plus particulièrement aux conditions de réalisation de l’oeuvre. Pour créer l’illusion d’un corps gisant dans la rivière, il fit poser son modèle, Elisabeth Siddal, dans une baignoire remplie d’eau et chauff ée en-dessous par des lampes à huile. Dans le feu de l’action, Millais ne réalisa pas que les lampes s’étaient éteintes et son modèle tomba gravement malade. C’est d’après cette anecdote, que j’ai choisi d’illustrer une Ophélia contemporaine dans son bain de lait avec des fleurs et des plantes flottant à la surface. La photographie est ensuite projetée directement dans une baignoire afin de restituer in situ le contexte d’origine de prise de vue.


Éléonore False - Bistouri, scalpel, agrafe, un autographe, 2013.

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Je redonne, grâce à la torsion de l’image, la forme arrondie du visage du kouros. J’utilise la lumière préexistante de la photographie pour accentuer cet effet. En ce qui concerne l’image de Paul Mc CArty, je le remets, par la pliure du papier, dans la situation de sa performance, ici il rampe vers la couleur. Les murs que je peins représentent des zones d’activités pour les images, des sortes de scènes pour que les actions se déroulent. J’ai vu un documentaire sur le chanteur Alain Bashung, dont j’aime beaucoup l’oeuvre. Des paroliers racontaient comment partant d’une origine, de textes écrits par eux pour lui, Bashung les remaniait à la manière d’un collagiste : sa façon de redécouper dans le texte, de déplacer les éléments et d’avoir « des mots de rechange ». Ce qui l’inspirait c’était de réagir à des choses préexistantes et de se les approprier. Bistouri, scalpel, agrafe et autographe (refrains de sa chanson bistouri scalpel) une fois qu’on a associé ces mots, disent quelque chose qui dépasse de loin ce qu’ils étaient indiviuduellement. De plus ce titre joue avec les outils de la chirurgie, qu’on peut aussi associer à la pratique du collage qui vient extraire/couper des fragments et des images de leur contexte d’origine.Ce titre d’installation, à la fois abstrait et concret, est au plus pré d’une figure emblématique que je vise.


Edwin Fauthoux-Kresser - La perte du Danube, 20’, 2013. Performances à 14h00, 16h00, 21h30 et 23h15.

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Edwin Fauthoux-Kresser est parti du constat déstabilisant de la perte du fleuve du Danube en Allemagne. Afin de mieux comprendre cette curieuse disparition qui a lieu pendant la moitié de l’année, il se renseigne sur sa topologie tout en jouant sur la polysémie des termes de cette énigme spatiale: «C’est ici, dans les premières encablures de son parcours, entre ces deux villages, que le Danube disparaît.» Les méandres de la perte du Danube servent de trame à une épique navigation sur internet. Edwin Fauthoux-Kresser recompose une histoire hydrologique dont les heureuses trouvailles croisées en cours d’errance sont aussi importantes que les liens entre elles. Dans cette recherche autant géologique que sémantique, Edwin Fauthoux-Kresser associe à la porosité des roches et à la versatilité des eaux «l’extrême friabilité des images» et leur fragiles «relations entre elles». Gwenola Wagon




La Citerne du Panier
17, rue Saint Antoine
Midi - Minuit / Vernissage à 18h00 / Sélection Prix Nuit de l’Instant

Marc Buchy - Un autre jour, 20’, 2012.

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Un autre jour propose une errance entre différents endroits plus ou moins identifiés, semblant apparaître de façon aléatoire et dont le seul lien se trouve être l’esprit des spectateurs présents. Lorsque la nuit se fait sur l’écran, elle envahit également l’espace de projection, engloutissant les visiteurs dans son infinité et les laissant dans l’expectative, face à leur propre imagination stimulé par la bande son qui les entoure. Lorsqu’un paysage apparaît sur l’écran, l’esprit peut enfin se rattacher à un élément concret, le regard peut à nouveau examiner ce qui fait face à lui, sans jamais avoir vu le parcours d’un point à l’autre. Présenté e boucle, Un autre  jour propose un voyage immobile au spectateur prêt à se perdre dans la nuit. Alors que le son entourant le spectateur joue le rôle de référent et ne laisse pas suspecter de déplacement, comment apparaissent ces différents lieux? Sommes nous vraiment à l’endroit ou nous nous trouvons avant de le percevoir complètement ?


Pierre-Gilles Chaussonnet - Fria, Hiver 73, 2012.

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La photographie en elle-même n’est pas l’objet central dans cette installation. Elle est un outil, un dispositif, permettant à la fois l’itinéraire discursif, biographique et temporel souhaité par l’artiste, et celui autorisant les projections de chacun.
Vieillie ou floutée, elle offre une vision du monde décomposée par le prisme du temps et de l’imaginaire, et révèle plus qu’un simple journal de voyage ou qu’un album de vacances. Elle introduit ici un décalage : elle témoigne tout en laissant place aux interprétations subjectives. Le souvenir ainsi partagé en devient presque collectif.


Maya de Mondragon - Lucky Bread, 14’24”, 2013.

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La première partie concerne un rituel d’offrande de pain aux poissons de la zone de sécurité = la zone sacrée, qui est «l’aura topologique» mais à la fois décidée et réglementée des temples thaïlandais. Au cœur de la mégalopole de Bangkok, ce rituel est révélateur d’une place importante de spiritualité et/ou de superstition entre les gratte-ciels.

L’autre partie est un poème inspiré par le parc de l’aéroport de Suvarnabhumi à Bangkok. Édifice du non lieu, méga-structure contemporaine, source de fierté nationale, il est doucement absorbé par le marécage sur lequel il a été construit… Son parc, visible à travers la façade vitrée du bâtiment principal, est toile de fond à l’épopée du voyageur. Ce jardin d’agrément offert tel une carte postale, un poster coloré, au touriste qui arrive ou transite, la tête déjà pleine d’images, avide d’exotisme, tend à combler dès l’arrivée ses projections comme des moules.




Le Cabinet du Dr. Pini
15, rue du Panier
Midi - Minuit / Sélection Prix Nuit de l’Instant

Kasia Ozga - Frontière Interne, 2011-2013.

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Mon travail artistique a repris le thème de border en explorant comment nos identités sont formées à travers nos façons de penser et de mettre en action nos propres « frontières ». Grâce aux frontières, on situe le corps humain dans le temps, et dans l’espace. Le corps humain n’est pas l’ensemble matériel dans les confins de notre peau, mais il nécessite la mise en place des frontières afin d’exister. À travers des projets plastiques, je me demande comment nos identités sont cloisonnées, forcées, et faites à partir des frontières externes qui délimitent nos mouvements et des frontières internes, à la fois spatiales et temporelles, que nous nous imposons.




Atelier de Mars
44, rue du Refuge
Midi - Minuit / Sélection Prix Nuit de l’Instant

Paul-Emmanuel Odin - L’oubli, 20’, 2006. Séances toutes les 30 minutes à partir de midi !

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— Ce n’est pas seulement une image?
— Non, cette image, c’est d’abord une scène nocturne, une scène de théâtre. Cette image, d’ailleurs, est momentanée : elle n’arrive qu’entre un noir initial, et un blanc terminal. Elle passe, et c’est l’enjeu d’une passe.
— De quoi ?
— De la parole dans la nuit.

La nuit du sujet désirant, pris dans l’impossible de sa demande.

— L’image, donc, ne s’inscrit pas définitivement, même si la lumière qui la compose s’est écrite continument.
— Oui, la lumière s’inscrit pour toujours, une fois, mais pour toujours. Mais l’image, dans cette augmentation univoque du temps, de la lumière, passe. Elle se tient dans «l’instant qui ne cesse pas».
— Elle se désécrit.
— Ombres.
— D’où la parole des personnages rayonne.
— Ombres nécessaires aux voix blanches.




Centre Baussenque
34, rue Baussenque
Midi - Minuit / Sélection Prix Nuit de l’Instant

Mehryl Levisse - Manifeste après coup, 5’29”, 2013.

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« Manifeste après coup » est une oeuvre vidéo, qui a au départ été réalisée pour le FRAC Champagne-Ardenne dans le cadre de ma résidence 2013-2014. Invité par cette institution pour une résidence sur le campus scolaire Colbert de Reims, plusieurs expositions sont programmées avec le FRAC. La première réalisée à « La Villa Douce » de Reims lors de la 10ème Nuit des Musées spéciale étudiants s’est déroulée le 5 décembre 2013. Ainsi invité à présenter mon travail, j’ai fais le choix de ne pas réaliser un accrochage de mes photographies mais plutôt de proposer une vidéoprojection. Celle-ci est un diaporama constitué de 3 projections simultanées et synchronisées présentant une trentaine de photographies réalisées entre 2010 et 2013 (notamment la première et la dernière réalisées). Cette pièce raconte alors ce qu’est mon travail, ma démarche et l’univers que je mets en place depuis quelques années maintenant. Une sorte de déclaration, de manifeste de l’artiste réalisé après coup.




École des Accoules
27, Montée des Accoules
Midi - Minuit / Sélection Prix Nuit de l’Instant

Frédéric Gillet - Deux, 39’, 2004 et 9.85, 1’, 2005.

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DEUX et 9.85 forment un diptyque. Chacun des deux films à l’intérieur de ce dytique tentent de mettre en tension de nombreux rapports duels : fusion/séparation, forme/informe, présence/absence, champ/hors-champ, espace/temps, audio/visuel, image fixe/image animée, image numérique/peinture, photographie/film, … Le diptyque vise à son tour à mettre en tension les deux films entre eux, articulant ceux-ci autour de la question duelle centrale de l’espace et du temps, question abordée conjointement sous l’angle de la séparation.
Enfin, DEUX et 9.85 abordent des questions intimement liées à ma pratique de la photographie. De ce point de vue, en réalisant DEUX je crois que j’ai inconsciemment cherché à redéployer les milliers de micro-instants invisibles mais compilés en toute photographie pendant le temps d’exposition. Dans 9.85, c’est la question de l’instant décisif qui est abordée, l’instant décisif en formation, l’instant décisif décuplé, donné à vivre, ici et maintenant, dans le présent de son apparition.



PARTENAIRES

Conseil Général des Bouches-du-Rhône, La SAIF, Théâtre de Lenche, Fonds Régional d’Art Contemporain Provence-Alpes-Côte d’Azur, Grains de Lumière, La Traverse, Marseille Expos, Réseau Diagonal, Paris Art, Tabasco Vidéo, Le Latté, Galerie Polysémie,  MPT Panier Joliette, Backside Gallery, Place Lorette Cuisine Marocaine, Galerie Hors les Murs, La Citerne du Panier, le Docteur Pini, l’Atelier de Mars, Le Centre Baussenque, l’École des Accoules.

C’est aussi grâce au soutien et l’aide des membres, adhérents, amis et des bénévoles des Ateliers de l’Image que cet événement est possible.

Qu’ils en soient ici tous remerciés.





Nuit de l’Instant 2014 : Appel au bénévolat

Pour soutenir cet événement, nous comptons sur vous!

Dans sa cinquième édition, nous avons besoin de mains : Accueillir les artistes, guider le public mais aussi nous aider à la logistique et aux montages des œuvres… les bénévoles sont essentiels pour le bon déroulement d’un projet fédérateur tel que celui-ci.

Si vous êtes motivé et enthousiaste, veuillez prendre contact avec nous !

Ateliers de l’Image :

mediation@ateliers-image.fr / 04 91 90 46 76

Un grand merci !

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